Institution Sainte-Claire

Un collège et un lycée au coeur de Lille

Wir sind nach Berlin gefahren.

 

Ce texte fondamental évoque tout ce qui concerne les institutions, la coopération des exécutifs, en matière de défense, d’économie, de finances, d’environnement…mais également tout ce qui concerne les deux sociétés, en particulier dans le domaine de l’éducation et de la jeunesse.

Rien de tel que de se rendre sur place pour comprendre un passé chargé de rivalités, d’évènements dramatiques et pour prendre conscience du courage et de l’audace de ces deux hommes dans le contexte de la guerre froide. Rien de tel que de se rendre sur place pour mesurer les conséquences de cette ville qui évolue rapidement dans une Europe qui se transforme.

Du 7 au 12 avril, cette photographie qui figure en bonne place sur le présentoir de l’amitié franco-allemande, est devenue une réalité pour un groupe de 47 élèves de Tale, accompagnés de Mesdames Descamps et Vanaverbecke, professeurs d’Allemand, de Monsieur Walenne organisateur de jumelages et de Messieurs Sonntag et Urbanski, professeurs d’Histoire-Géographie.

Redevenue capitale en 1990 et siège du gouvernement fédéral dix ans plus tard, Berlin poursuit sa mutation. Cette ville, neuf fois plus étendue que Paris, qui, en vingt ans, a vu 1,5 million d’habitants (sur 3,4 millions) la quitter mais autant arriver, poursuit sa métamorphose à un rythme effréné.  Situé dans l’ancien Berlin-Est, Prenzlauer offre un parfait condensé de la difficulté de Berlin à assumer sa mutation. Ce quartier, à proximité immédiate du Mur était autrefois le repère des artistes et des marginaux. Après la réunification, attirés par l’ambiance bohème qui y régnait et le prix des appartements, qui, défiait toute concurrence, les bobos de Stuttgart, d’Hambourg, de Francfort, mais aussi de Paris, de New York ou de Madrid, y ont élu domicile. A Kreuzberg, l’autre quartier « branché » situé, lui, dans l’ancien Berlin-Ouest, les habitants supportent de moins en moins les touristes. C’est la rançon de l’engouement pour cette  capitale fière de sa marginalité au point de ne pas avoir vraiment de centre. Berlin est une jeune flambeuse surendettée (plus de 60 milliards d’euros de dettes) qui donne un coup de vieux à Londres et Paris et oublie que Francfort et Munich assurent ses fins de mois.

Même les vendeurs de Curry Wurst, la saucisse locale, grasse et populaire, disparaissent au profit d’enseignes de grandes chaînes de restauration ou de boutiques bio.

La jeune capitale, attractive, est en mouvement permanent avec toutes les tendances du moment qui se rencontrent en art, cinéma, architecture, musique, théâtre ou danse. Sa force, c’est peut-être son enthousiasme et son mélange des cultures.

Ainsi se poursuit l’évolution de cette cité, dont les cicatrices sur les murs, les corps et les âmes, s’effacent lentement.  L’ex-RDA se reconstruit. Il reste quelques témoignages du régime passé qu’il faut avoir vus avant qu’ils ne disparaissent totalement : quelques Trabant, de curieux monuments à la gloire du peuple….

C’est ainsi que cette ville lieu emblématique des douleurs de l’histoire du XXème siècle, agit comme un révélateur des temps passés, présent et à venir. Cinquante ans, presque jour pour jour, après le « Ich bin ein Berliner » de John F. Kennedy, et presque 26 ans après que Ronald Reagan a lancé son « M. Gorbatchev, abattez ce mur », Barack Obama y a plaidé, devant la porte de Brandebourg,  mercredi 19 juin pour « la paix et la justice » dans le monde.  Le président américain, transcendé par le lieu et la magie qui opère dans une cité qui n’est décidemment pas comme les autres, a marqué de son discours cette visite diplomatique.

Parmi les nombreux témoignages d’élèves qui ont fait écho à ce déplacement, il y celui de Yoan, inscrit en Tale S, dont le texte est la conclusion qui s’impose : « Le voyage à Berlin était vraiment super, je pense que les élèves qui ne sont pas venus ont raté quelque chose. Les différents musées que nous avons visités, nous ont permis d’apprendre un tas de choses (sur la RDA, le mur, les Juifs pendant la guerre…) grâce à des guides intéressants et dynamiques. La famille  dans laquelle j’étais, était accueillante et sympathique et le transport était top. Finalement, c’était un bon voyage qui nous a permis de clôturer notre cycle de Tale à Sainte Claire. Un grand « Bravo » à l’équipe éducative pour l’organisation du séjour aussi bien avant que sur place ! ».

Nul doute que la magie de Berlin a également agi sur nos participants...