Voyage des Tales à Berlin, du 20 au 25 septembre 2015

IMG 7066Le voyage à Berlin a été un temps fort du début de l'année de terminale à Sainte Claire. Cette année, 72 élèves se sont rendus dans la capitale allemande du 20 au 25 septembre. À la fois, voyaged’intégration et voyage de fin d'études, ils ont pu ainsi approfondir leurs connaissances sur cette ville 8 fois plus grande que Paris, mais aussi plus généralement, sur l'histoire de l'Europe. De la fin du XIXe siècle aux années 1990, du développement des théories de Karl Marx à la chute du Mur, ilsse sont plongés dans l'histoire tumultueuse de l'Allemagne, qui avec la France, constitue désormais un des piliers de l'Union Européenne telle que nous la connaissons aujourd'hui. Lorsqu'on parle de l'Italie, on ne pense évidemment pas à Mussolini dans un premier temps. Lorsqu'on parle de l'Espagne, on ne pense pas tout de suite à Franco non plus. Pourtant, dès que l'on parle de l'Allemagne, beaucoup pensent à Hitler, au régime nazi, au génocide juif. Les élèves ont bien vite abandonné cette image souvent véhiculée par la génération de leurs grands-parents, d'une Allemagne autoritaire, pour laisser place dans leurs esprits à une Allemagne unifiée, démocratique et tolérante.

Nous avons visité des lieux emblématiques. Parmi eux, on compte le musée de Checkpoint Charlie, le musée de la RDA, la Topographie de la Terreur (installé dans le quartier où étaient installés tous les sièges des forces de répression d'Allemagne sous le régime nazi), le musée de la Stasi (retraçant l'histoire et le fonctionnement de la police politique de l'Allemagne de l'Ouest), mais aussi la cathédrale française de Berlin, où s'étaient réfugiés les huguenots au XVIIe siècle, alors expulsés de France et fuyant les persécutions (finalement, des « migrants » d'un autre temps ?)... Tout comme le mur, le musée juif de Berlin a provoqué en chacun de nous des émotions particulières. Peur, angoisse, obscurité de l’endroit, la Tour plongée dans le noir a chamboulé nos sensations. A la fois accueillant et effrayant, ouvert et fermé, cet endroit symbolise l'hommage dédié à la mémoire juive, touchée par un génocide de plus de 5 millions de mort. Un autre moment fort de la visite a été la découverte de l’installation Shaleche : il s’agit de 10 000 visages découpés dans des disques d'acier sur lesquels le visiteur est obligé de marcher, provoquant ainsi un bruit étrange, tel un cri. Ce bruit de fracas oblige le visiteur à observer ces visages, appelant ainsi une véritable compréhension des horreurs de la guerre et de la Shoah.

Mais ce qui nous a sans doute le plus frappé, c'est le souvenir omniprésent de cette ville divisée, dans l'architecture ou même dans la précarité des familles de l'ancienne zone soviétique.

Le mur de Berlin a joué un rôle important dans notre visite de la capitale allemande. Comment aller à Berlin sans voir, apprivoiser, comprendre ce “mur de la honte” comme le nommaient les habitants allemands de la RFA ? Comment ne pas s'arrêter à proximité de ce mur qui enfermait des hommes et des femmes qui voulaient être libres ? Ainsi, chaque élève de Terminale s’est trouvé face à ce mur et s’en est fait une idée. Pour certains, c'est une ruine. Pour d'autres, il représente un bout de notre Histoire, une Histoire pas si éloignée que cela car elle raisonne encore dans les mémoires de nos parents. Ce sont ces mêmes parents, en Allemagne, qui se battaient pour la chute du mur, pour un monde libre, et qui, aujourd'hui, se battent pour la préservation de cette mémoire. C'est ce même mur qui nous rappelle notre actualité, le combat pour la liberté d'expression, et il démontre à quel point cette dernière peut être éphémère et fragile.

Cette visite de Berlin a été bien plus qu'une visite pédagogique : elle représente l'acheminement des élèves de Terminale vers la citoyenneté.

Pour finir ce voyage, nous avons eu la chance de visiter l'ambassade de France à Berlin, vitrine de la culture française en République Fédérale d'Allemagne, pays voisin et ami où une fille de pasteur de l'Allemagne de l'Ouest, Angela Merkel, est devenue chancelière il y a maintenant 10 ans. Elle est désormais largement perçue comme la personnalité politique la plus importante et la plus puissante d'Europe.

C'est une chance pour la jeunesse de pouvoir visiter un pays comme l'Allemagne.

B. TISON, H. VANHOUTTE, Tale L.

 

Qu’elle séduise ou qu’elle inquiète, l’Allemagne charrie de nombreux mythes et idées reçues. Mais désormais elle regarde son passé en face et peut retrouver son histoire longue. Depuis le temps où les pays germaniques se fondaient dans un vaste ensemble politique, le Saint Empire, jusqu’à la réunification « à marche forcée », en passant par l’unification tardive de 1870 ou le bouillonnement culturel sous la République de Weimar, l’Allemagne occupe une place à part dans l’Histoire de l’Europe.Au cours de ce voyage, nos élèves ont pu se poser un certain nombre de questions : qu'est-ce qu'être Allemand ?Est-ce parler la langue de Luther et de Goethe ? Est-ce habiter le territoire soumis à la souveraineté d'un État allemand ? Est-ce se reconnaître comme le produit et l'héritier de toute l'histoire allemande, du Saint Empire jusqu'à l'Empire wilhelminien de 1871 et au IIIe Reich hitlérien ? Les réponses à ces questions demeurent délicates car en Allemagne, à la différence de la France, le peuple, la langue, la nation et l'État n'ont jamais vraiment coïncidé.Si depuis la chute du mur de Berlin et la réunification allemande, l'Allemagne n'est plus la même, le rapport des Allemands à leur passé a lui aussi considérablement évolué. Ruinée après la Seconde Guerre mondiale, déchirée par la guerre froide, l'Allemagne a retrouvé son rang de grande puissance et réussi une réunification pacifique. Ce parcours, indissociable de la relation franco-allemande, nos élèves ont pu l’apprécier dans sa réalité, sa complexité et son évidence.

Ce fut pour eux une très belle expérience et j’espère que cela leur donnera l’envie d’y séjourner à nouveau.

M. URBANSKI, Professeur d’HG, Responsable du niveau tale

 

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